#ExtrêmeDroite, #FakeNews, #Justice, #MédiasDominants

📺 Le profil des trolls d’extrême droite enfin dévoilé 📺

Vous vous êtes souvent demandé qui étaient les #trolls #racistes, #sexistes, #fascistes qui pullulent sur #internet ? Qui prend plaisir à appeler à tuer les manifestants, les musulmans, les profs ? Qui est assez mauvais, stupide et haineux pour publier ce genre de commentaires ? Un procès au tribunal de Paris a donné un bon début de réponse : des #retraités intoxiqués par #CNews.

«Je vais tenter de parler bien fort» annonce le président du tribunal de Paris au début du procès, face aux personnes, la plupart âgées de plus de 70 ans, qui comparaissent. Un article de Médiapart offre un compte rendu d’audience édifiant, avec des retraités isolés, qui utilisent leurs claviers pour publier des menaces de viol et de mort, des insultes et des propos racistes très violents.

L’affaire concernée est une polémique lancée par les médias des milliardaires en mars 2021. CNews et BFM font alors les gros titres sur une controverse à Science Po Grenoble. Une enseignante y avait organisé une journée de débats nommée «Racisme, antisémitisme et islamophobie» dans le cadre d’une «semaine pour l’égalité et la lutte contre les discriminations». Dans ce cadre, un autre enseignant avait refusé l’usage du terme «islamophobie». Ce dernier est connu pour «fustiger les musulmans et hiérarchiser les religions en disant préférer le christianisme». À l’époque, ce professeur était dénoncé par les étudiants, qui avaient collé des affiches l’accusant d’islamophobie.

Il n’en fallait pas plus pour que les habituels chiens de garde s’excitent et tournent en boucle sur la «cancel culture», «l’islamogauchisme dans les universités» et autres délires fabriqués par les médias dominants. Pascal Praud et Caroline Fourest avaient accusé à tort une enseignante d’avoir dénoncé le professeure visé par les affiches. À l’antenne, le nom de cette enseignante était livré en pâture par le chroniqueur de Cnews, qui l’accusait d’être «une militante» pratiquant le «terrorisme intellectuel». Quant à Fourrest, elle avançait que la professeure avait «excité les étudiants». Il a depuis été prouvé que tout est entièrement faux et que cette professeure n’avait rien fait de cela et avait été diffamée. Mais le mal était fait.

La directrice de recherches recevait immédiatement des centaines de messages d’insultes et de menaces de mort. Un flot de haine raciste et sexistes, postés par des seniors :

Jacques L., 79 ans : «Quand ils la violent elle aura compris à moi que ça lui plaise !! […] Déjà pour la violer, il faut vraiment le vouloir beurk!!»
Alain B., 73 ans : «Qu’elle crève le cul bourré de chiffon rouge et la gueul ouvert.»
Annick L., 73 ans : «Horrible nana!! Le caillou rasé ! Pauvre tâche. Un jour viendra où tu devras te repentir !»
Jean-Marie C., 60 ans : «Salope à butté»
Dominique B., 74 ans : «Il faut lui trancher la gorge»
Wilfrid B, 65 ans : «A l’échafaud (…) Regardez la gueule de la bavure. A expédier au pays du Maghreb»
Christian D., 58 ans : «Pauvre conne ton tour viendra»
Ronan M., 56 ans : «Grosse connasse on va te butter»
Dominique V., 56 ans : «Il faut tondre cette collabo de merde.»
Etc…

Au procès, ces personnes âgées disent qu’elles ne se souviennent plus. Pourtant, lors de leurs arrestations, plusieurs avaient déclaré leur haine contre les «islamo-gauchistes» et leur proximité avec Zemmour ou Le Pen. Annick, 73 ans, avait parlé des «gens poignardés

pour rien» et des «faits divers» qu’elle voyait : «franchement c’est horrible, toutes ces jeunes femmes qui se font tuer». Bref, les prévenus sont des seniors rivés devant leurs télés, intoxiqués par les horreurs et la désinformation quotidienne de chaînes en continu. D’ailleurs l’avocat d’un prévenu dénonce à l’audience la responsabilité des journalistes : «Mon client a pu se dire que Caroline Fourest, qui elle, est journaliste, a recoupé ses sources avant de tweeter.» Pourtant, ni Pascal Praud ni Fourest ni les patrons de ces médias semeurs de haine ne sont sur le banc des accusés. Impunité totale.

Voilà donc le profil mystérieux de ces milliers de trolls fascistes. Des personnes vulnérables, séniles, parfois sous curatelle, qui se font pourrir le cerveau par les chaînes d’extrême droite. Ce pays bascule à cause d’une poignée de milliardaires qui ont fait main basse sur l’information. Nous sommes beaucoup à connaître un oncle, un grand-père, un ami d’ami âgé ou des parents retraités à avoir vrillé progressivement ces dernières années, à force de regarder ces chaînes. Parlons-leur, proposons-leur de sortir, aidons-les à se désintoxiquer. Et organisons-nous pour mettre hors d’état de nuire Bolloré et ses amis.

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